Comprendre l’importance narrative des matériaux dans le mobilier
Chaque matériau porte une mémoire. Bois massif, acier, céramique, verre ou textile racontent une époque, une culture, un geste de main. Le choix du matériau façonne fondamentalement la manière dont vous construisez le récit personnel de votre collection de mobilier. Un chêne brossé peut évoquer l’artisanat européen du XXe siècle, alors qu’un teck huilé renvoie aux influences modernistes et aux échanges mondiaux de l’après‑guerre. Un acier tubulaire poli rappelle le Bauhaus et l’essor industriel, quand un rotin tressé parle de savoir‑faire vernaculaire et de climats tropicaux. Même un plastique moulé signé d’un designer des années 1960 tire son sens de la démocratisation du design et de la production en série. L’important n’est pas le prix, mais l’histoire que le matériau active: origine, procédés, usages passés. Les pièces en céramique émaillée apportent chaleur et touche humaine, chaque surface portant la trace du créateur, avec des irrégularités subtiles issues de la cuisson et de la teneur en minéraux; cette variabilité donne aux collections un sentiment d’expérience vécue.
Textures, couleurs et origines orientent l’ambiance d’un espace et son esthétique globale. Un noyer sombre et lisse pose une atmosphère calme et studieuse; un frêne clair brossé diffuse de la clarté et du rythme visuel. L’acier, brut ou brossé, cadrait net et franc: pas de revêtement, pas de déguisement, juste l’acier étant acier, et cela signale l’authenticité. Des lins lavés en tons naturels posent une base douce et respirante; un cuir tannage végétal, avec sa patine au fil des années, apporte profondeur et continuité. La céramique, par ses émaux changeants, réchauffe une pièce minérale composée de pierre et de béton. Le verre clair ouvre les volumes et reflète la lumière, tandis qu’un verre texturé filtre et intime l’espace. Les matériaux utilisés dans le mobilier peuvent influencer l’ambiance et l’esthétique d’un espace, créant une expérience vécue unique. En combinant une table en chêne, des chaises en acier laqué et un banc en cuir, on équilibre chaleur, rigueur et confort, au service d’usages quotidiens.
Relier ces choix à la personnalité et aux valeurs rend l’espace crédible. Les matériaux naturels et authentiques sont souvent préférés pour leur esthétique et leur signification narrative, surtout si vous valorisez la durabilité, la transparence des procédés et la longévité. Si vous placez la réparation avant le remplacement, optez pour des pièces vissées en bois massif et métal standard, faciles à entretenir. Si vous aimez l’expérimentation, des composites recyclés ou des bioplastiques biosourcés peuvent incarner une posture tournée vers l’innovation responsable. Les matériaux utilisés dans le mobilier peuvent raconter une histoire et refléter la personnalité de son propriétaire. La sélection de mobilier personnalisée crée des espaces qui semblent authentiques et confortables, améliorant votre expérience de vie quotidienne, car chaque contact — poignée en laiton vieilli, plateau en pierre douce au grain lisible — parle de choix assumés.
- Bois massif (chêne, noyer, teck): chaleur, héritage, réparabilité, patine.
- Acier (brut, brossé, laqué): honnêteté matérielle, esprit industriel, clarté structurelle.
- Céramique émaillée: humanité, geste artisanal, surfaces uniques, chaleur visuelle.
- Pierre (marbre, travertin, granit): stabilité, ancrage, géologie lisible, intemporalité.
- Verre (clair, texturé): légèreté, lumière, transparence, mise en scène discrète.
- Cuir (tannage végétal): confort, patine, soin des matières, durée.
- Textiles naturels (lin, laine, coton): douceur, régulation thermique, sobriété.
- Composites et recyclés: innovation, circularité, engagement environnemental.
Explorer les matériaux emblématiques et leur histoire en France
La France porte une tradition forte où matériaux et savoir-faire racontent des récits locaux, du chantier royal à l’atelier contemporain, avec un souci actuel d’éco‑responsabilité et de durabilité.
Le bois massif incarne la chaleur et la longévité. Chêne, noyer et châtaignier ont servi aux ébénistes du XVIIIe siècle pour des pièces Louis XV et Louis XVI, avec marqueteries fines et pieds galbés. Au XXe siècle, des créateurs comme Charlotte Perriand ont simplifié les lignes, gardant la force du bois mais avec des volumes sobres. Aujourd’hui, on voit du bois recyclé ou réemployé, poncé puis huilé, qui garde ses nœuds et traces d’usage. Ce choix réduit le déchet, baisse l’empreinte carbone, et donne une patine vraie. Pour un salon, une table en chêne revalorisé de 2 m peut offrir stabilité et histoire visible, surtout si l’on accepte fissures comblées et teinte naturelle.
La pierre, de la pierre de Bourgogne au granit breton, a bâti des demeures et des meubles d’apparat. Sous l’Empire, elle signait le prestige avec des plateaux lourds. Le modernisme a ensuite cherché plus de finesse avec des chants biseautés et des épaisseurs de 20 à 30 mm. Aujourd’hui, des plateaux en calcaire adouci, posés sur un piétement minimal, marient héritage et ligne nette. L’entretien reste simple: eau tiède et savon doux, et un traitement hydrofuge annuel.
Le rotin, importé puis largement travaillé en France dès la fin du XIXe, a connu un fort essor dans les années 1950‑60 pour les intérieurs et terrasses. Léger, flexible, réparable, il vit un retour grâce à sa faible empreinte. On le voit en assises tressées, têtes de lit, ou cloisons légères. Pour une pièce durable, privilégier une armature épaisse (≥ 25 mm), un tressage serré, et des finitions à base d’huiles naturelles.
Le métal a redessiné la modernité. Acier tubulaire, tôle pliée et aluminium ont permis la finesse et la modularité. Jean Prouvé a montré comment la tôle formée peut créer force et élégance, tandis que Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Perriand ont marqué l’histoire avec la Chaise Longue LC4, alliance de métal et cuir, iconique et rationnelle. L’essor du fibre‑ciment au XXe siècle a ouvert la voie à des sièges d’extérieur robustes, moulés, souvent empilables, et faciles à produire. Aujourd’hui, l’acier thermolaqué résiste mieux à l’extérieur, l’aluminium baisse le poids, et des alliages recyclés réduisent l’impact. On voit aussi des systèmes modulaires: étagères en profils acier à éléments interchangeables, bancs extérieurs en fibre‑ciment et métal qui s’allongent par modules de 60 cm. Ce principe prolonge la vie du meuble et limite le gaspillage.
| Matériau | Régions françaises associées | Savoir-faire notable |
| Bois massif (chêne, châtaignier, noyer) | Bourgogne, Limousin, Vosges | Ébénisterie, bois réemployé |
| Pierre (Bourgogne, granit breton) | Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne | Taille, finition adoucie |
| Rotin | Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine | Tressage, cintrage à la vapeur |
| Métal (acier, alu) | Grand Est, Île-de-France | Pliage, soudure, thermolaquage |
| Fibre‑ciment (mobilier extérieur) | Auvergne‑Rhône‑Alpes, Hauts‑de‑France | Moulage, pièces monoblocs |
Comparer l’ancien et le nouveau montre un fil clair: préserver la matière et l’usage. Les formes d’hier restent des repères, les procédés d’aujourd’hui (recyclage, modules, finitions propres) ancrent le style actuel dans le réel. Pour choisir, regarder l’origine, la réparabilité, et la modularité. Un plateau de chêne revalorisé sur un piétement acier démontable, ou une chaise métal thermolaquée empilable, coche ces cases sans céder sur l’esthétique.

Décrypter le savoir-faire artisanal et ses indices d’authenticité
Cette partie aide à lire un meuble comme un document. Chaque détail montre une main, un temps, une méthode. Cherchez des traces de choix, de geste, et de contrôle qualité à chaque étape.
Repérez les signes distinctifs du travail manuel, tels que les assemblages visibles ou les finitions uniques.
Un meuble artisanal se lit dans ses jonctions. Les queues d’aronde nettes, les mortaises et tenons ajustés sans jour, ou un cheville en bois bien posée, sont des repères forts. Ces assemblages, souvent visibles sous un tiroir ou au dos d’une armoire, demandent une précision au millimètre. Le chant d’une planche aligné grain contre grain, sans mastic lourd ni vis apparente, montre un montage soigné. Le choix du bois compte autant. Chêne, noyer, frêne, ou teck, chacun a une fibre, un fil, et une densité bien à lui. Un artisan sélectionne planche par planche: un plateau stable pour le dessus, des montants sans nœud pour la structure, une façade de tiroir taillée dans la même planche pour la continuité du veinage. La découpe et la préparation du bois, séchage compris, réduisent le tuilage et les fentes. Côté finition, cherchez une cire fine, une huile dure au toucher sec, ou un vernis posé en couches minces qui laissent voir la maille. Une finition trop épaisse qui masque le grain, ou un aspect plastique, signale souvent une production de masse.
Valorisez les techniques artisanales transmises de génération en génération comme gage d’authenticité.
Le vrai savoir-faire se voit dans la cohérence du procédé. Les queues d’aronde régulières mais pas clones entre elles, un ajustage à la main qui laisse une micro-irrégularité, un chant poncé avec soin sans arrêtes vives, tout cela parle d’heures d’atelier. Le travail demande des années de formation, souvent aux côtés d’un maître. Observez les gestes signés: un fond de tiroir en bois massif posé dans une rainure au lieu d’un panneau aggloméré, une traverse cachée qui renforce une grande portée, une quincaillerie en laiton massif patinée avec le temps plutôt que des pièces plaquées. La finition devient un acte final: elle protège et révèle, jamais elle ne cache. Un huilage qui met en relief les cernes du chêne, une gomme-laque qui joue avec la lumière, expliquent l’intention et le respect du matériau.
Distinguez les meubles fabriqués en série de ceux issus d’un véritable savoir-faire local.
La série cherche la cadence, l’artisan cherche l’ajustage. Les meubles industriels répètent les pièces, alignent des vis auto-foreuses, emploient des panneaux reconstitués avec chants collés. Les arêtes sont parfaites mais froides, les surfaces homogènes, la quincaillerie standard. À l’inverse, un atelier local montre l’origine du bois, cite l’essence, parfois la parcelle, et explique pourquoi tel noyer a servi pour la façade et tel chêne pour les pieds. Les collectionneurs de vintage apprennent à lire dessous et dedans: queues d’aronde sur les tiroirs anciens, mortaises visibles sous une chaise, vis à fente d’époque, ferrures en laiton lourd, traces de rabot. Le poids parle aussi: un buffet en massif pèse plus, son son est mat quand on le tapote. Les tolérances sont serrées mais vivantes: un tiroir glisse sans jeu, sans coulisses métal, juste sur des patins en bois ciré.
Critères pour reconnaître un meuble artisanal authentique
- Essence et provenance claires: chêne, noyer, frêne; fil cohérent, veinage continu.
- Séchage et préparation soignés: planches droites, chants nets, pas de gauchissement.
- Assemblages nobles: queue d’aronde, mortaise-tenon, chevilles bois, précision visible.
- Finition fine: huile, cire, ou vernis mince qui laisse lire le grain.
- Cohérence structurelle: fonds rainurés, traverses, renforts discrets mais logiques.
- Quincaillerie honnête: laiton massif, acier bleui; patine réelle, pas plaquée.
- Traces de main: légères variations, pas de pièces strictement identiques.
- Transparence de l’atelier: détails sur la méthode, le temps, l’entretien.
- Poids et son: masse stable, son sourd, pas creux.
- Réparabilité: pièces démontables, bois massif remplaçable, colles réversibles.
S’interroger sur la durabilité et l’éthique comme éléments de récit
Un meuble parle par ses matières, ses traces d’usage, et la façon dont il a été fait. Cette histoire compte quand on cherche un intérieur cohérent, qui montre un style, une culture, et un sens des priorités. La durabilité et l’éthique ajoutent des chapitres clairs: d’où vient la ressource, comment elle est extraite, transformée, transportée, puis recyclée ou réemployée. Ces choix, mesurés par des données simples comme une analyse de cycle de vie (ACV) ou une empreinte carbone, rendent le récit tangible et vérifiable.
Privilégiez des matériaux renouvelables ou recyclés pour ancrer un engagement clair. Le bois certifié issu de forêts gérées, le bambou, le liège, la paille tressée, ou des métaux recyclés racontent un lien avec la régénération et l’économie circulaire. Un plateau en chêne récupéré d’une ancienne grange, poncé et huilé avec une finition à faible teneur en COV, montre un geste net: garder la matière en vie plutôt que puiser du neuf. Des structures en acier recyclé, ou de l’aluminium issu de chutes d’usine, coupent l’empreinte carbone tout en offrant une longue durée d’usage. Les textiles en laine recyclée, chanvre, ou lin, teints avec des procédés à faible consommation d’eau, ajoutent une couche de sens, lisible au toucher et à l’odeur. Chaque choix peut réduire le transport, la dépense d’énergie, et les déchets sur tout le cycle.
Examinez l’origine des matériaux pour assurer une traçabilité crédible. Cherchez des labels reconnus et des fiches techniques qui citent la source, le lieu de fabrication, et les pratiques sociales. Une chaise fabriquée à 200 km avec du bois local certifié, montée avec des colles à faible COV, porte mieux l’éthique qu’un modèle opaque, sans preuve d’origine. Les fournisseurs qui publient des ACV, des rapports sur leurs usines, et des engagements sur les droits des travailleurs permettent un choix informé. L’éthique ne se limite pas à l’environnement: elle touche la sécurité au travail, le salaire décent, et la fin de vie du produit, par exemple la reprise, le reconditionnement, ou le démontage en pièces monomatériau.
Intégrez la longévité pour écrire une histoire qui dure. La qualité et la durabilité vont ensemble: une table avec assemblages solides, pièces remplaçables, vis standard, et finitions réparables vieillit mieux, coûte moins en entretien, et évite des remplacements fréquents. Privilégiez des designs intemporels, des formats modulaires, et des pièces garanties au moins 5 à 10 ans. Un canapé avec housses lavables et pièces d’assise changeables garde sa place dans le temps et réduit les déchets. Au final, moins d’achats, moins d’empreinte, et un espace plus “vécu”.
- ACV disponible et méthodologie claire
- Empreinte carbone du produit (kg CO2e)
- Traçabilité des matières et des sites
- Certifications sociales et environnementales
- Contenu recyclé et recyclabilité en fin de vie
- Émissions de COV et sécurité sanitaire
- Réparabilité, pièces détachées, garantie
- Distance de transport et mode logistique
- Conditions de travail dans la chaîne d’approvisionnement
- Programme de reprise, réemploi, ou location
Analyser l’influence des finitions sur la perception du mobilier
Les finitions changent ce que l’œil voit et ce que la main sent. Elles ajustent la couleur, la texture et la lumière, donc l’ambiance d’une pièce. Elles jouent aussi sur la durée de vie, la valeur perçue et l’entretien. Le bon choix aide le matériau à “parler” avec justesse.
Observez comment les finitions (brut, verni, patiné) modifient la lecture visuelle et tactile du meuble.
Un bois brut paraît sincère et “vivant”. Le veinage reste net, la teinte peut varier selon l’essence, et la surface absorbe la lumière. Au toucher, c’est plus chaud et plus mat, mais plus sensible aux taches et aux rayures, donc à traiter avec une huile ou une cire fine si l’usage est intense.
Un vernis lisse les pores, fixe la couleur et augmente la brillance. Il renvoie plus de lumière, ce qui peut éclaircir une petite pièce. Sur un chêne moyen, un vernis satiné rend le ton plus uniforme et masque des défauts mineurs, tout en ajoutant une barrière contre l’eau. Plus le vernis est brillant, plus il montre les traces de doigts, ce qui impacte l’entretien.
Une patine (légère usure simulée, glacis ou céruse) ajoute de la profondeur. Elle fait ressortir les creux du fil du bois ou des moulures, crée des contrastes doux et une impression de vécu. Sur du métal, une patine brunie ou noire coupe l’éclat et donne une touche plus sobre. C’est utile pour cacher des imperfections ou harmoniser des pièces disparates.
Sélectionnez des finitions qui renforcent l’histoire ou l’authenticité du matériau choisi.
Reliez le geste de finition à l’origine du matériau. Un noyer ancien récupéré gagne avec une huile naturelle qui garde les nœuds visibles et raconte le passé des planches. Un bambou, clair et serré, prend bien une finition mate qui souligne son côté léger et durable. Une laque brillante peut servir un récit plus urbain sur un MDF bien préparé, où la couleur parle plus que la fibre. Pour un acier recyclé, une cire microcristalline protège la patine existante sans l’effacer, ce qui garde la trace du temps. Ce choix renforce la crédibilité, améliore la résistance à l’usure, et peut augmenter la valeur perçue quand la finition montre un haut niveau d’exécution.
Associez certaines finitions à des styles décoratifs précis pour affirmer une identité forte.
Le mat profond sert les décors minimalistes et calmes. Le satiné est polyvalent, discret au quotidien, assez lumineux pour des espaces de travail. La brillance élevée pointe vers un style plus graphique, souvent contemporain, mais demande un entretien soigné. Les patines blanchies évoquent bord de mer; les cires ambrées et huiles foncées soutiennent un style chaleureux et classique; le métal brossé ou noirci cadre bien avec l’industriel. Tenez compte des préférences personnelles, car elles guident l’acceptation au long cours, et du niveau de maintenance: une huile exige des retouches périodiques, un vernis dur tient mieux aux chocs, une laque foncée marque vite la poussière.
- Huile mate sur bois clair: pièce plus lumineuse, toucher chaud, entretien doux
- Vernis satiné sur chêne: allure soignée, bonne tenue à l’eau, style polyvalent
- Laque brillante colorée: effet graphique, forte réflexion, entretien fréquent
- Patine cérusée: relief visible, ambiance douce, style côtier ou champêtre
- Métal brossé ou noirci: caractère industriel, faible éblouissement, look stable
- Cire ambrée: teinte plus riche, cache petits défauts, chaleur visuelle

Découvrir des exemples inspirants de mobilier à forte dimension narrative
Un mobilier parlant expose une époque, un mode de vie, et une idée claire de la beauté et de l’usage. Il peut être sculpture, point focal, et lieu de repos. Les meilleurs modèles allient lignes fortes, confort juste, et structure fiable, avec un soin pour la lumière, les matières, et la durée.
Présentez des meubles iconiques dont les matériaux racontent une histoire marquante ou locale.
La chaise LC4 (Le Corbusier, Perriand, Jeanneret) associe acier tubulaire et cuir pour incarner l’ère industrielle et une vision rationnelle du corps au repos. Le bois courbé de la chaise Thonet n°14 marque l’essor de la production en série au XIXe siècle et raconte aussi la démocratisation du café urbain. Le fauteuil Lounge Eames en noyer et cuir évoque l’artisanat américain d’après-guerre, la quête d’un luxe sobre, et l’ergonomie pensée au millimètre. Côté Europe du Nord, la Wishbone Chair de Hans J. Wegner, en frêne et corde de papier, parle d’économie de moyens, de gestes de tressage, et de bois clair qui réchauffe l’espace. Le banc en pierre ou en terrazzo de jardins méditerranéens montre la permanence de la matière minérale et sa capacité à tenir dehors comme dedans, tout en jouant avec la lumière. Ces pièces montrent comment une matière, locale ou emblématique, situe un objet dans une culture et un temps précis.
Mettez en avant des créations contemporaines qui réinterprètent des matériaux anciens avec créativité.
Aujourd’hui, nombre de designers revisitent le bois, la pierre, ou le métal en misant sur des formes organiques, des assemblages visibles, et des finitions sobres. Une table en chêne massif avec chant naturel garde la mémoire de l’arbre, mais intègre un piétement en acier découpé au laser pour une stabilité fine. Des assises en liège moulé ou en feutre de laine densifiée offrent isolation, toucher chaud, et profils souples, sans perdre de tenue. La pierre reconstituée et l’albâtre ultrafin laissent passer la lumière, faisant du plateau une source douce qui modifie l’ambiance d’une pièce. Ce mélange de procédés numériques et de matières naturelles sert une esthétique précise et durable, sans céder sur le confort et la robustesse.
Illustrez comment certains designers utilisent la récupération pour donner une seconde vie chargée de sens.
La récup crée des récits forts. Un plateau de table en parquet ancien porte les marques d’un autre lieu; une structure d’armoire en acier d’atelier devient bibliothèque, avec patine conservée et arêtes adoucies. Des chaises nées d’anciennes ceintures de sécurité tressées ou de sangles de bagage montrent une esthétique franche et une ergonomie élastique. Les briques de bois lamellé issues de chutes d’usine forment des blocs stables pour tabourets. L’important est de garder la trace lisible du passé tout en assurant un montage solide, une assise juste, et une finition saine.
Constituez une galerie d’exemples variés pour inspirer le lecteur dans ses propres choix.
- Table basse en pierre calcaire fine, coins adoucis, lumière rasante qui sculpte les veines.
- Banc en châtaignier huilé, piétement simple, grain du bois comme motif central.
- Bibliothèque en acier patiné et planches recyclées, modules ouverts pour rythmer le mur.
- Fauteuil en rotin tressé, courbes souples, coussin en lin; chaleur et légèreté.
- Console en verre coulé texturé, jeu d’ombres, éclairage LED discret intégré.
- Tabouret en aluminium recyclé sablé, pieds élargis pour la tenue, assise creusée.
- Lampe-table en albâtre, douce lueur qui change la pièce à la tombée du jour.
Intégrer l’expérience utilisateur et la mémoire dans le choix du mobilier
Cette partie vise à faire le lien entre matière, usage et souvenirs, afin d’ancrer le mobilier dans une histoire vécue, lisible au quotidien et durable dans le temps.
Choisissez des meubles qui évoquent des souvenirs personnels ou familiaux pour renforcer l’attachement émotionnel.
Un objet qui rappelle une personne, un lieu ou une étape de vie crée un lien qui dure. Un banc en chêne issu d’une vieille maison, une table faite avec des planches récupérées d’un atelier, ou une chaise héritée et remise en état portent une mémoire visible. Ce choix sert aussi l’identité d’une marque ou d’un foyer: le mobilier devient un élément central qui dit vos valeurs (sobriété, transmission, ancrage local). Pour rester utile, gardez l’équilibre entre style et fonctionnalité: un secrétariat ancien peut intégrer un plateau coulissant pour ordinateur; une armoire vintage peut gagner des étagères réglables. Vérifiez l’échelle: la façon dont le mobilier s’intègre dans votre espace est cruciale. Une commode trop profonde gêne la circulation; une table trop large bloque la lumière. Mesurez au sol, laissez 90 cm pour circuler, et adaptez la hauteur à l’usage.
Favorisez des matériaux qui vieillissent bien et se patinent avec le temps, ajoutant une dimension mémorielle.
Le bois massif, le métal plein ou le verre épais forment une base sûre où la fonctionnalité dialogue avec la beauté. Le chêne marque les années par une patine ambrée, l’acier brossé prend de fines rayures qui racontent l’usage, le laiton se teinte doucement. Ces matières nobles donnent un récit discret, mais clair. Évitez les finitions trop fragiles si l’objet est souvent manipulé. Cherchez des assemblages durables (tenons-mortaises, vis métal, charnières robustes) et des surfaces réparables: huile sur bois, cire d’abeille, laque ponçable. Le mobilier doit être durable et pensé pour durer, pour limiter les remplacements et garder une continuité visuelle et affective.
Pensez à l’ergonomie et au confort pour que l’usage quotidien enrichisse l’histoire du meuble.
L’ergonomie et l’accessibilité sont essentielles pour garantir une expérience positive. Une assise à 45–48 cm, un dossier qui soutient les lombaires, un plan de travail à 72–75 cm, un bord doux au toucher: ces choix améliorent l’usage et la mémoire des gestes. Si le meuble est public ou partagé, prévoyez des hauteurs ajustables, des prises en façade, des poignées faciles à saisir, et des passages libres pour fauteuil roulant (au moins 90 cm). Le mobilier doit être accessible à tous, y compris les personnes à mobilité réduite. Un meuble bien conçu invite à s’en servir, et son récit grandit avec les routines qu’il rend plus simples.
Rédigez une liste de questions à se poser pour aligner le choix du mobilier avec ses propres souvenirs et attentes.
- Quel souvenir précis ce meuble doit-il porter ou raviver?
- Quelle matière racontera mieux ce souvenir (bois, métal, verre)?
- Où ira-t-il, et quels gestes fera-t-on autour chaque jour?
- L’objet sert-il l’identité du lieu ou de la marque?
- Est-il solide, réparable, et pensé pour durer plus de 10 ans?
- L’échelle, la lumière et la circulation sont-elles respectées?
- Est-il confortable pour tous les usagers, y compris PMR?
- Le style reste-t-il au service de l’usage, sans compromis?